Medvedev : “Quelque chose manquait, le problème était peut-être mental”

  • novembre 21, 2021

Il n’aura donc pas réédité son fabuleux doublé de fin d’année 2020. A Bercy comme à Turin, il n’a pourtant pas manqué grand-chose à Daniil Medvedev, qui a buté à chaque fois sur la dernière marche. S’il a confirmé que son jeu était taillé pour les conditions indoor, le Russe n’a pas su jouer son meilleur tennis quand l’occasion l’a exigé dimanche. Une performance à l’image d’une semaine où il n’a pas évolué à son plus haut niveau, malgré un match de poule haletant et gagné sur le fil face au même Alexander Zverev, qui l’a terrassé en finale (6-4, 6-4).

Alors, comment expliquer un scénario si différent et défavorable à quelques jours d’intervalle ? Les statistiques peuvent être de précieux alliés dans ce domaine. Quand Zverev a servi 74 % de premières balles (pour 83 % de réussite derrière), Medvedev, lui, a affiché un ratio beaucoup plus modeste : 59 % de premières (pour 74 % de points gagnés derrière). Les deux hommes ont donc souvent abordé l’échange bien différemment, ce qui a eu un impact majeur sur le résultat, vu la vitesse des conditions turinoises.

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Il a eu l’occasion de me breaker deux fois, et quand vous servez comme lui, alors vous gagnez

Sur ce court (rapide, NDLR), le service est vraiment important. En demi-finale j’ai mieux servi. Il est difficile de dire quel était le problème aujourd’hui (dimanche, NDLR), peut-être que c’était mental. Mais quelque chose manquait. Sascha est un grand joueur, il a eu l’occasion de me breaker deux fois, et quand vous servez comme lui, alors vous gagnez. La clé était définitivement le service“, a confirmé l’intéressé, qui avait fait vivre l’enfer au même Zverev sur un indoor beaucoup plus lent à Bercy (victoire 6-2, 6-2 en demi-finale).

Mais avec son mètre 98, Medvedev a le gabarit pour servir le plomb. A l’instar de son bourreau du jour, il lui est arrivé par le passé de tout tenter sur ses secondes pour surprendre. Mais dimanche, il n’avait ni les sensations, ni la disposition d’esprit adéquate pour élever le curseur dans ce domaine. Physiquement, il avait a priori de la ressource – sa demi-finale n’ayant pas été très longue -, d’autant qu’il avait eu plus de temps pour récupérer que son adversaire allemand. Il a donc plus probablement, et de son propre aveu, manqué de fraîcheur mentale.

Medvedev n’a pas su répondre au plan plus offensif de Zverev sur indoor rapide

Ou peut-être a-t-il abordé la finale trop confiant, lui qui restait sur 5 victoires d’affilée face à Zverev ? Une hypothèse balayée d’un revers de main par le numéro 2 mondial. “Évidemment, à chaque fois que nous nous rencontrons, nous nous préparons différemment, nous essayons de faire quelque chose de différent. Je sentais qu’il essayait de le faire. Et j’ai essayé aussi, mais je ne pouvais tout simplement pas répondre parce qu’il servait trop bien. Psychologiquement, ce n’est pas si difficile pour moi, c’est même intéressant“, a-t-il observé avec une certaine lucidité.

Un service de plomb et beaucoup d’audace : comment Zverev a écoeuré Medvedev en finale

Car lors de leur match de poule, le même Zverev avait d’ores et déjà pris petit à petit le dessus sur Medvedev en fin de partie. Le Russe s’en était sorti d’un rien au tie-break du troisième set, mais il avait peut-être déjà senti le vent tourner. Tant et si bien qu’il n’a peut-être pas bénéficié de l’ascendant psychologique attendu. Un match de tennis est un rapport de force et les difficultés de Medvedev ce dimanche sont étroitement liées à la prestation quasi-parfaite de Zverev.

Une défaite certes, mais un moteur pour préparer 2022

Mais loin d’être abattu, Medvedev voit dans ce changement de dynamique un nouveau défi à relever en vue de la saison prochaine. Un état d’esprit qui lui a évité d’ailleurs tout type de relâchement en cette fin de saison après avoir conquis le premier titre du Grand Chelem de sa carrière à l’US Open. “Ce qui est bien, c’est que j’ai l’impression que le fait de gagner ne change rien pour nous. Ça veut dire que nous voulons constamment gagner plus. C’est juste normal pour nous. Physiquement, mentalement, il y a tant de choses à améliorer“, estimait d’ailleurs cette semaine son coach, Gilles Cervara, sur le site de l’ATP.

Loin de souffrir d’un burn-out comme Dominic Thiem, Medvedev en redemande. Sur Twitter, l’intéressé a évoqué la Coupe Davis à venir, puis la préparation de l’Open d’Australie et de la saison 2022. Dominé par des rivaux plus audacieux et offensifs que lui à Bercy et Turin, il n’a qu’une idée en tête : travailler pour progresser encore. Un credo que le “Big 3”, dont il veut assurer en partie la succession, ne renierait pas.

Daniil Medvedev lors du Masters de Turin en 2021

Crédit: Imago

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Source Eurosport

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