Des résultats « bluffants »
Si BEST ne concerne que le tennis, d’autres projets travaillent sont à l’œuvre dans d’autres fédérations, impliquant scientifiques et athlètes, avec pour objectif d’améliorer le nombre de médailles aux Jeux Olympiques. Car aujourd’hui, pour performer dans un environnement ultra concurrentiel, il s’agit d’utiliser l’ensemble des moyens offerts par les avancées technologiques.
« Cela fait partie de l’évolution de l’accompagnement des athlètes de haut niveau, reprend Caroline Martin. Il y a quelques décennies, les joueurs étaient seuls, puis il y a eu l’entraîneur, puis le préparateur physique, puis le kiné, le préparateur mental… Le domaine de la data est de plus en plus présent dans le sport de haut niveau. Il y a des exemples en tennis et aussi dans d’autres sports d’athlètes qui se structurent avec des statisticiens. Les joueurs vont piocher partout pour s’améliorer et notamment dans les avancées scientifiques afin de bénéficier d’éclairages différents dans la progression du joueur.«
Sur le terrain, le projet s’est révélé riche en enseignement pour les participants. Philippe Pech, entraîneur national, supervise les progressions de Igor Mandou Berranger, Clément Kubiak, Tiago Pires et Loan Lestir, un groupe de 4 garçons de 2005 qu’il suit au sein de la DTN avec Benoît Carelli. Trois de ces élèves ont été testés début décembre sur la biomécanique du service et les préférences motrices, qui débouchent sur un profil de personnalité.
« J’ai trouvé ça extrêmement pertinent et surprenant, observe Philippe Pech. En fonction de certaines postures dans le jeu, l’outil détermine des personnalités : un défensif qui se protège, un joueur qui aime prendre l’initiative… On a été bluffé par la corrélation avec ce qu’on constate au quotidien. L’outil donne des formes d’exercice sur la psychomotricité qui aide les joueurs à se renforcer. C’est du très concret : hauteur au service, vitesse… Ça nous conforte sur ce qu’on voyait à l’œil nu mais avec des données précises. »
« Les entraîneurs ont participé activement aux séances, confirme Cyril Brechbuhl. Il y a eu un débrief en direct avec des données précises pour déterminer à quel niveau du mouvement on pouvait encore optimiser.«
En avril, une nouvelle campagne de test va permettre à certains de faire une comparaison, et à d’autres, qui n’étaient pas disponibles, de tester cet accompagnement scientifique. Une démarche passionnante et instructive… même si Philippe Pech ne perd pas de vue l’essentiel.
« Il faut faire les choses dans l’ordre. Ces outils qui se développent donnent des indications très intéressantes pour pouvoir améliorer la performance. Mais aussi pertinent soient-ils, ils viennent après l’essentiel : la qualité du travail au quotidien. Encore plus dans le domaine de la formation des jeunes, il ne faut jamais perdre de vue que tout se crée grâce aux efforts sur le terrain.«
(Emmanuel Bringuier)