L’éclaircie n’est pas pour tout de suite. Sous la fraîcheur et la grisaille de Monte-Carlo, la collaboration entre Félix Auger-Aliassime et Toni Nadal a débuté par une défaite cette semaine. Battu en deux sets dès le 1er tour par Christian Garin (7-6, 6-1), le Canadien traverse toujours une période délicate. Une forme de crise de croissance qui le voit plafonner gentiment aux alentours de la 20e place mondiale depuis maintenant une bonne année. Mais ce tandem-là a vocation à durer et voit plus loin, beaucoup plus loin que le Rocher monégasque.
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En cela, il trouve auprès du Québécois un profil proche de son neveu Rafael, avec lequel il a si longtemps travaillé avant de se retirer de son équipe en 2017. Tout le monde vous le dira sur le circuit, Auger-Aliassime a des valeurs. « J’ai de la chance, sourit Toni. Toute ma vie, j’ai eu de la chance. J’ai eu de la chance de travailler avec quelqu’un comme Rafael, qui était très correct, et j’ai de la chance aussi d’être aujourd’hui avec Félix. »
Felix Auger-Alliassime à l’entraînement avec Toni Nadal
Crédit: Twitter
Vouloir apprendre, c’est toujours la principale qualité de chacun
Mais Auger-Aliassime est aussi un joueur de tennis et c’est bien pour le faire avancer dans ce domaine que Toni Nadal a été recruté pour travailler aux côtés de Frédéric Fontang. Entre les deux techniciens, le courant est passé. C’était un autre préalable indispensable, selon Nadal : « Quand il m’a proposé ce poste, la première chose que j’ai faite c’est de discuter avec Frédéric. Ça ne peut se faire que si nous avons une bonne relation avec Frédéric. Je donne ma vision des choses, j’essaie d’expliquer ce que je veux faire et pourquoi je veux le faire et Fred donne la sienne. Mais je crois qu’il n’y a pas beaucoup de différences entre nos deux visions. »
Voir Toni Nadal collaborer avec un grand espoir est en tout cas tout sauf une surprise, car il n’aime rien tant que la transmission. « Je l’ai toujours dit, je suis un professeur, reprend le technicien espagnol. Un professeur de tennis. Ce que j’aime, c’est collaborer avec des gens qui veulent apprendre. Comme avec Rafa, que ce soit quand il avait 10 ans, ou quand il gagnait ici à Monte-Carlo ou à Roland-Garros. Vouloir apprendre, c’est toujours la principale qualité de chacun. Et on peut apprendre toute la vie. »
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Comme avec les enfants à l’Académie
Félix Auger-Aliassime a encore beaucoup de choses à apprendre. Et à ceux qui lui font remarquer que s’il est certes jeune, à son âge (20 ans), son neveu avait déjà deux Roland-Garros dans la poche, Toni rappelle que les temps ont changé. « Aujourd’hui, à 20 ans on est jeunes, estime-t-il. Avant, à 20 ans, ils avaient déjà une maturité différente. Le processus est plus long maintenant. Les joueurs gagnent des Grands Chelems un peu plus tard. » Mais ce n’est pas une façon de noyer le poisson. Il sait que, pour son nouveau protégé, il y a beaucoup de travail, même si les fondations sont solides.
« Le tennis c’est très simple, dit-il encore. Il faut s’impliquer, beaucoup courir, mettre de l’intensité et ne pas faire beaucoup de fautes. Pour l’instant, il fait un peu trop de fautes par rapport à ce qu’il doit faire. Mais c’est normal il est encore jeune. Les fautes, elles peuvent avoir trois sources : l’émotion, la tactique ou la technique. » La première mission du nouveau coach sera donc d’identifier la source de chaque problème. Mais à 20 ans, tout se travaille. « Tu peux toujours faire un peu mieux, insiste le tonton de Rafael. Félix a un bon service mais il peut faire encore mieux. Il a un bon coup droit, mais, là aussi, il peut faire encore un peu mieux. Le revers, on doit le travailler beaucoup. La volée aussi. On doit tout travailler. »
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Ces derniers jours, à Monte-Carlo, une fois Félix sorti du tableau, ils ont multiplié les séances d’entraînement, au cours desquelles Nadal n’a pas lâché Auger-Aliassime, intervenant pratiquement après chaque frappe. Là, c’est l’ADN du professeur qui parle : « Je fais pareil avec les enfants à l’Académie (l’Académie Nadal, à Manacor, NDLR). J’essaie toujours de mettre la même implication quand je travaille, que ce soir avec les enfants à l’Académie. Je parle presque sur chaque coup à l’entraînement. Avec Rafael, je l’ai fait aussi, mais quand il était très jeune. Je crois qu’on peut toujours faire un peu mieux. Sinon, autant que je rentre à la maison à Majorque. »
La première chose que j’ai demandé, c’est ‘Dis-moi où tu veux arriver’
En l’écoutant, il est difficile de ne pas se dire que Félix Auger-Aliassime a fait le bon choix même si le fait que ces deux-là soient faits pour s’entendre ne garantit évidemment rien. Pour Toni Nadal, le Canadien devra « travailler très dur dans l’année qui vient. C’est mon impression« .
En arrivant, il l’a d’abord écouté, puis il a parlé : « La première chose que j’ai demandé, c’est ‘Dis-moi où tu veux arriver’. Il veut arriver très haut. OK. Donc tu dois battre un Medvedev, un Zverev, un Tsitsipas, un Djokovic ou un Rafael. J’ai un contrat avec lui. Je viens pour essayer d’aider. Il a le rêve de devenir un très grand joueur. Je suis là pour ça. »
Mais le « coach consultant » qu’est Toni Nadal ne sera pas là en permanence. Après les infructueux débuts sur la terre de Monte-Carlo, le nouveau tandem intrigant du circuit se reformera pour le Masters 1000 de Madrid puis Roland-Garros. Là, il sera temps de dresser un premier bilan. Sans tirer pour autant de conclusions définitives.
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