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Gilles, cette fois c’est bien la dernière… Ce dernier tournoi, cette dernière semaine en tant que joueur professionnel était pleine d’émotions… Qu’est-ce qui vous est passé par la tête après la balle de match ?
Pas grand-chose en fait, parce que j’étais vraiment vidé. C’est vraiment le moment où je suis au bout. Forcément, j’ai envie de finir sur un beau point. Je fais un bon service, une bonne attaque, la volée j’ai tellement envie de la mettre… Mais malgré toute l’envie du monde, y a tout mon corps qui s’effondre, qui s’écroule, et je finis par une volée au milieu du filet. J’ai beau avoir envie, il ne me reste vraiment plus rien (sourire).
Donc voilà, j’étais vraiment au bout de mon effort, mais j’étais heureux d’être revenu sur le terrain un 3e fois cette semaine. Je suis content d’avoir pu disputer un match complet, parce qu’il y a eu un moment où ça s’annonçait compliqué. La défaite, ce n’est pas grave, j’ai joué un joueur qui était bien plus fort que moi.
Que ressentez-vous après ce dernier match ?
Je voulais finir sur une bonne note, je suis donc soulagé, plutôt content. J’ai fait des longs matchs dans ma carrière, je craignais de prendre 6/1, 6/1 au 1er tour, de perdre une 17e fois contre Andy. C’est plutôt cool de finir comme ça. Mais si je m’étais fait tordre plus tôt, ça n’aurait pas été si grave. Evidemment, je préfère quand ça se passe comme ça.
La cérémonie était très émouvante. Beaucoup ont versé des larmes. Vous aviez anticipé cet instant ?
Non pas du tout, je ne suis pas quelqu’un qui se projette déjà. Je ne prépare jamais rien, ça sort comme ça sort. J’ai compris qu’il y avait quelque chose de préparer en début de semaine, mais je n’avais rien demandé. Lundi j’étais tombé sur Jo et Gaël, c’était une belle surprise. J’ai juste dit ce qui me paraissait important pour moi. J’ai essayé de mettre de l’ordre là-dedans, ce qui n’était pas simple. Il y a beaucoup de personnes que j’avais envie de remercier. Si ça a plu aux gens, tant mieux…
[embedded content]Vous avez remercié le public et en même temps regretté de ne pas avoir profité de cette ferveur plus tôt dans votre carrière…
Le rapport avec le public est forcément différent avec ce qu’il a pu être. Forcément, on évolue personnellement, et la perception des gens aussi. Je suis quelqu’un de très logique, de très rationnel. Quand certaines choses ne rentraient pas dans ma logique, au début j’avais du mal à le comprendre. Par exemple, quand tous les quatre (Jo Tsonga, Gaël Monfils, Richard Gasquet et lui) on jouait bien, on était dans le « top 10 », j’avais du mal à entendre qu’on était des « losers ». Et puis là c’est ma dernière année, j’ai l’impression d’être un « loser » quand je fais des premiers tours tout le temps et finalement, quand tu gagnes un match, on te dit « Ptain fabuleux Gilou, on t’aime ! »
Evidemment c’est dur à comprendre, quand j’allais au 3e tour avant on me trouvait nul (sourire) ! Tu mets du temps à comprendre ça. C’est ça qui est dur au tennis. Il faut avoir une très grande maturité très tôt, une grande perception dès 18-19-20 ans. A ce moment-là, on veut juste être fort, juste progresser, on veut juste retourner s’entraîner, regagner des places au classement. Là, je suis de l’autre côté du spectre. Je veux juste en profiter, avec le public aussi. Le reste, je m’en fous.
J’étais quelqu’un de très renfermé sur ce que j’avais à faire. J’imagine qu’il y avait un meilleur équilibre à trouver plus tôt avec le public…
20 years, 14 titles and now the curtain closes.
Well played and thank you, @GillesSimon84 👏👏#RolexParisMasters pic.twitter.com/MNVIcEUqis
— ROLEX PARIS MASTERS (@RolexPMasters) November 3, 2022