Le dernier rêve, c’est de revoir Federer jouer au tennis

  • novembre 17, 2021

On ne sait pas toujours qu’on a joué son dernier match. Lorsque Pete Sampras a décroché son 14e titre du Grand Chelem en battant son grand rival Andre Agassi en finale de l’US Open 2002, l’Américain venait de parachever sa carrière de la plus extraordinaire des manières. Mais sur le moment, il ignorait qu’il venait de livrer son ultime partition. Roger Federer a-t-il pour sa part effectué sans le savoir sa dernière apparition en tant que tennisman professionnel lors de sa défaite contre Hubert Hurkacz en quart de finale de Wimbledon en juillet dernier ?

A défaut d’être une certitude, c’est une hypothèse qui a pris du sens ces derniers jours, alors que la communication du clan Federer s’est accélérée. Trois prises de paroles en l’espace de quatre jours. Deux du joueur lui-même, dimanche dans Blick et ce mercredi dans la Tribune de Genève, entrecoupées d’une intervention de son coach Ivan Ljubicic, lequel avait jeté un premier froid en expliquant qu’il n’avait que “très peu de chances” d’être présent à l’Open d’Australie au mois de janvier.

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Roger Federer a-t-il joué son dernier match contre Hubert Hurkacz ?

Crédit: AFP

Mais ce sont évidemment les confidences de Roger Federer à notre confrère Mathieu Aeschmann de la TDG qui interpellent le plus. Dans cet entretien, l’ancien numéro un mondial balaie la possibilité d’un retour en Australie, et même… Wimbledon semble quasiment hors de question. Concernant Londres, il ne ferme certes pas la porte à 100%, mais on comprend entre les lignes que, pour l’ouvrir d’ici là, il faudrait un miracle. On a fait plus optimiste.

13 matches en deux ans et demi

Deux éléments principaux ressortent de ces interventions. D’abord, Roger Federer n’a pas l’intention, à ce stade, de prendre sa retraite. Voilà pour la bonne nouvelle. La mauvaise, maintenant : sa troisième opération au genou, qui a impliqué de suturer la lésion de son ménisque, a des conséquences bien plus lourdes que les deux premières. D’où ce très long délai avant un éventuel retour sur les courts. Selon ses dires, il pourra recommencer à “courir doucement” au mois de janvier. Effectivement, comme l’a dit Ljubicic en explosant le record du monde de l’euphémisme, il n’avait dans ces conditions que “très peu de chances” de jouer à Melbourne au même moment…

Passons sur l’emballement de cette communication que l’on a connue plus cohérente et maîtrisée chez le Bâlois. Tout ceci est secondaire. L’essentiel est ailleurs. Jusqu’à ce mercredi, la question était “Quand Federer reviendra-t-il ?”. Désormais, c’est “Reviendra-t-il ?” L’enjeu est celui-ci désormais. Parce qu’il prend tout le temps nécessaire, et parce que toutes ses déclarations confirment son désir de rejouer, on peut sur ce point rester optimiste. Federer veut choisir sa sortie, dire adieu, et c’est bien légitime. Rien ne serait plus triste qu’il s’en aille sans qu’on puisse le voir partir.

Roger Federer salue la foule après sa défaite face à Hubert Hurkacz

Crédit: Getty Images

Pour le reste, il faut cesser de se demander quel sera son degré de compétitivité s’il revient sur le circuit. Depuis l’Open d’Australie 2020, il a disputé 13 matches. Sachant qu’il ne rejouera pas, au mieux, avant le cœur de l’été 2022, il aura donc joué 13 matches en deux ans et demi. Le tout à 41 ans. Même s’il est Roger Federer, un spécimen très au-dessus de la norme, unique en son genre même, les lois de la nature s’appliquent à lui comme aux autres. C’est d’ailleurs ce que son genou tente de lui dire depuis près de deux ans.

Qu’il puisse jouer “vraiment”

Dans son interview à la Tribune de Genève, il parle de “rêve ultime” à l’évocation d’une dernière finale de Grand Chelem. C’est tout le mal qu’on lui souhaite mais il a bien choisi le mot : c’est un rêve. Pas une ambition réaliste. Quant à toute éventuelle comparaison avec son retour triomphal en 2017 après six mois d’absence, on peut difficilement faire moins sérieux. Encore une fois, on parle là d’un quadragénaire qui n’aura joué qu’avec une extrême parcimonie pendant trente mois.

Lors de son retour cette année, le Maestro de Bâle a démontré qu’il tenait encore la route. Avec le recul, enchaîner un huitième de finale à Roland-Garros et un quart à Wimbledon à une encablure de son 40e anniversaire et sachant son passif des dix-huit mois précédents, c’était exceptionnel. Mais sa lourde défaite contre Hubert Hurkacz sur le Centre Court a aussi prouvé que le tennis, sans lui, avançait. Il ne s’agit plus d’une équation à trois inconnues entre lui, Djokovic et Nadal. Ce temps-là est révolu. Les Medvedev, Zverev et Cie ne l’ont pas attendu pour avancer en son absence. Après (au moins) une nouvelle année pleine loin des courts, comment imaginer que Federer sera apte à rivaliser au point de briguer un nouveau sacre majeur (s’il rêve d’une finale, autant rêver du titre) ?

Le rêve, le vrai rêve, c’est tout simplement qu’il puisse revenir. Une dernière fois. Une ultime tournée. De quelques matches, quelques semaines, quelques mois, peu importe. A Bâle, chez lui, fin 2022. A Wimbledon, à l’été 2023. Tout nous ira, même la Laver Cup, tant qu’il a le loisir de choisir. Et si possible en se livrant sans retenue. En pouvant jouer, “vraiment”. Ce serait sa dernière victoire. Ce n’est pas encore gagné. Le plus grand adversaire de Roger Federer, ce n’est plus Djokovic, Nadal, la NextGen ou n’importe qui d’autre, mais son propre corps. Le dernier grand combat de sa carrière. Il ne l’a pas encore perdu, mais ce n’est pas une promenade de santé.

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Source Eurosport

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